J'avais d'abord voulu écrire un billet sur la connerie monumentale de Zidane. Parce que son geste était inacceptable et n’avait aucune excuse. Même si Materazzi insulte ses parents, ses enfants, sa femme ou son chien, il n’avait pas à jouer au bélier sur le torse d’un adversaire.
Mais ç’aurait éclipsé tellement de belles choses. Comme le fait que malgré tout, Zinédine Zidane a été un grand joueur qui a fait rêver des millions de gens même si l’on a toujours su qu’il était également un petit teigneux. Il est vraiment dommage de sortir par ce trou de souris (voire de rat vu la petitesse du geste litigieux) après une telle carrière, après avoir donné l’envie à tant de petits garçons de devenir de nouveaux grands footballeurs. Et l’on peut mettre à son crédit d’avoir eu la décence de ne pas aller chercher sa médaille de finaliste.
Cela aurait également occulté la bravoure des dix restants, qui se sont battus pour pouvoir soulever la coupe, en vain malheureusement. Les Bleus ont fait un belle seconde mi-temps, d’excellentes prolongations et méritaient de gagner.
Bien que je pense toujours que le foot est un opium bon marché, un tisseur de lien social superficiel, je ne peux pas regretter que les gens aient de petites joies grâce à un jeu d’excités de la baballe, qu’ils se parlent, qu’il y ait un air de fête sur un pays où l’on a pas de grandes occasions de se réjouir.
Et de toute façon, comment rester de marbre face à la détresse de Thuram, de tous ces joueurs qui ont sorti leurs tripes mais qui échouent aux tirs aux buts, l’exercice le moins glorieux du foot.
Alors d’accord, vous avez perdu mais merci pour tout.