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Harry Potter and the Deadly Hallows (pas de spoilers)

Je pensais qu'en devenant adulte (en atteignant les trente ans, quoi), j'arrêterais les comportements idiots. Comme lire un bouquin jusqu'à plus-soif (le terminer à 2h30 du mat, quoi) alors que je me lève quatre heures plus tard et ai une montagne de taf au boulot. M'enfin, on a qu'une vie après tout. Pour avoir le sentiment de la vivre à fond, certains sautent en parachute, moi je raccourcis mes nuits en lisant à me crever les yeux. Rock'n'roll !

 

Je suppute que ça ne vous aura pas échappé mais le dernier tome de la saga de Harry Potter est sorti samedi à minuit. Ayant encore (un peu) de dignité, je ne me suis pas précipitée l'acheter à cette heure tardive (de la dignité... de la flemme surtout) mais dans la matinée.  N'ayant pu que les grignoter d'ici de là puis l'engouffrer toute la nuit de dimanche, je peux vous dire que ces fameuses Reliques de la Mort sont une expérience prenante.

 

Jusqu'alors, mon préféré était L'Ordre du Phénix pour son ambiance sombre et oppressante. A côté de Deadly Hallows, le cinquième volume c'est la Petite Maison dans la Prairie.

 

Je ne crois pas vous dévoiler quoi que ce soit en vous disant que le parallèle (qui existait déjà auparavant) avec la seconde guerre mondiale est plus présent que jamais. A vrai dire, il sous-tend tout le livre.

 

Il est difficile de parler d'un livre que peu de gens ont pu lire, difficile de se retenir, il y a toujours le risque de laisser passer une info par-ci, par-là. 

 

Je dirais juste que the deadly hallows est peut-être le meilleur tome de la série mais que Rowling n'aurait pas dû y ajouter un épilogue. Du moins, cet épilogue là. Malgré tout, Harry Potter reste une saga prenante, qui a mérité son succès tant elle brasse des thèmes qui nous touchent tous et qui peuvent être d'une actualité brûlante.

 

Ca va faire un grand vide.

 

 

 

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La Compagnie Noire de Glenn Cook


Disponible chez Atalante et J'ai lu (pour les six premiers) et composé de :

1. La Compagnie Noire

2. Le Château Noir

3. La Rose Blanche

4. Jeux d'Ombres

5. Rêves d'Acier

6. La Pointe d'Argent

7. Saisons Funestes

8. Elle est ténèbres (2 volumes)

9. L'eau dort (2 volumes)

10. Soldats de pierre (2 volumes)

 

L'histoire : La Compagnie Noire est une armée de mercenaires affûtés, comptant dans ses rangs soudards et magiciens et offrant ses services au plus offrant. Le narrateur Toubib, médecin de la Compagnie est l'annaliste de cette "armée" existant depuis plusieurs siècles.

Dans le premier volume, la Compagnie rompt son contrat, ce qui n'était jamais arrivé auparavant pour se rallier à l'adversaire. De surcroît, ce nouveau patron s'avère être particulièrement mauvais. Et ça, tout les mercenaires l'ont bien compris. Surtout lorsque les lieutenants de cet employeur démontrent leurs talents de guerriers-magiciens redoutables, les Asservis. Le nouveau big boss de la Compagnie s'avère être la Dame qui emploie ces hommes pour faire la guerre à son petit mari, le Dominateur. Ah, les affres de la mésentente conjugale...

Evidemment, cette campagne, meurtrière et semant le chaos dans toutes les régions où les affrontements se déroulent, va déplaire un tantinet au bon peuple qui ne raffole pas des masses d'être violé et massacré à qui-mieux-mieux.  D'où la création d'une nouvelle force qui va vite entrer dans la danse : les Rebelles ayant pour chef la Rose Blanche

Je ne raffole pas des longues descriptions de combats et sièges qui font tripper tout digne amateur d'heroic fantasy et pourtant j'ai dévoré les tomes les uns après les autres.

Certains diront que je suis définitivement atteinte car en lisant La Compagnie Noire, je n'ai pu m'empêcher de faire un rapprochement avec le jeu Morrowind. En ce qui concerne les personnages, il faut savoir que les soldats de la  compagnie ne sont ni bons ni mauvais, leurs actes deviennent bons ou mauvais selon les conséquences. Toubib paraît sympathique mais au détour d'une page, lorsqu'il décrit certaines scènes, l'on se prend à réfléchir sur la bonhomie dont on l'avait tout d'abord affublé. Plusieurs régions se font la guerre pour X ou Y raison, les dirigeants retournent leur veste selon les circonstances et les peuples de ce monde imaginaire font et défont des alliances.
Ce sont surtout les lieux qui font penser à Morrowind. Les connaisseurs retrouveront l'ambiance se dégageant des ruines daedriques et des diverses régions composant le jeu.

Ce que j'ai adoré dans cette série, c'est la description des états psychologiques des divers protagonistes, vraiment réaliste. Il n'y a pas de héros, juste des hommes qui essaient, selon le cas, de survivre, d'asservir ou de gagner un territoire. J'ai beaucoup aimé également l'élaboration de plans, astucieux ou complètement désespérés pour se sortir d'une mauvaise passe. L'on passe d'un bord à un autre (on sert le Bien, on sert le Mal). Les rapports entre Toubib et La Dame sont également très ambigus mais je n'en dis pas plus.


Le premier volume est traduit par le traducteur attitré de Pratchett. La langue est vivante (y a tout plein de gros mots ^^) ce qui contribue beaucoup à créer une ambiance particulière.

Bref, cette saga a été une excellente surprise et je vous invite à le lire si vous aimez la dark fantasy qui n'est pas manichéenne ^^

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Le titre du dernier tome de Harry Potter

A moins qu'elle ne décide à nouveau de nous pondre un mouflet (elle s'arrête systématiquement d'écrire dès qu'elle accouche), J.K. Rowlings devrait enfin nous livrer la clé des mystères que l'on n'a toujours pas élucidé.

Si vous êtes joueur, rendez-vous sur le site de l'auteure puis cliquez sur la version anglaise et pressez la gomme. A partir de là, je vous conseille de cliquer sur tout ce qui se bouge pour débloquer un jeu de pendu. Celui-ci révélera le titre.

Amusez-vous bien ^^

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A la bourre et sans un rond par Terry McMillian

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C'est grâce à un billet de Kip que je me suis penchée sur la bête. Et j'avoue ne pas l'avoir regretté. Merci Kip.

A la bourre et sans un rond et une expression qui revient très souvent dans la bouche de Viola. A propos de son mari et de ses quatre enfants notamment. L'on fait sa connaissance dans sa chambre d'hôpital où elle a été amenée en urgence pour une crise d'asthme. C'est vrai qu'elle a de quoi avoir le souffle coupé la pauvrette. Bientôt cinquante-cinq ans, un époux qui s'est barré le premier de l'an pour se faire pigeonner par une jeunette à trois mouflets (de père différent, comme de bien entendu), un fils qui alterne entre prison et boulots minables, une aînée parfaite mais complètement psychorigide, une cadette colérique et une benjamine accro aux voyantes et toujours femme-enfant à trente-cinq ans. Les petits enfants sont plus ou moins grâtinés également.

McMillan décrit une tranche de vie d'une famille noire-américaine des années 90. Une famille tout ce qu'il y a de plus dysfonctionnelle où l'on ne sait pas se dire les choses sans hurler ni se blesser. Une famille où l'on a du mal à exprimer son amour. Une famille dont les membres sombrent petit à petit.

Ce roman polyphonique où chaque personnage a voix au chapître est drôle et émouvant, mordant et tendre. Oui, tout ça à la fois.

Lu et approuvé.

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American Gods de Neil Gaiman

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Neil Gaiman est un ex-critique rock (il a commis une biographie de Duran Duran dans ses jeunes années ^^) anglais devenu scénariste de comics (Sandman pour ceux qui connaissent) puis écrivain et aujourd'hui expatrié à Minneapolis. J'avais lu son premier bouquin, qu'il avait co-écrit avec Terry Pratchett Good Omens - De bons présages qui m'avait bien plu malgré un plagiat éhonté d'une de mes nouvelles écrites à 16 balais Twisted Evil Bon, je leur pardonne d'autant plus que Gaiman est décidément un homme de goût : c'est lui qui s'est chargé de l'adaptation anglaise de Princesse Mononoke ^^

American Gods a raflé quantité de prix. Et c'est mérité.

Le pitch : Ombre sort de prison après trois longues années. Il est content : il va retrouver sa tendre épouse et son meilleur ami qui lui a promis qu'il retrouverait sa place dans sa salle de gym. Sauf que (ben oui, sinon il n'y aurait pas d'intérêt), Ombre est libéré trois jours avant la date prévue. Et pour cause, sa femme et son meilleur ami sont morts dans un accident de voiture. A vrai dire, et pour parler trivialement, Madame la tendre épouse avait le pénis de Monsieur le meilleur ami dans la bouche au moment du drame.

Forcément, ça mine. Ca mine et ça intrigue lorsque la personne assise à côté de lui sait parfaitement ce qui lui arrive. Le passager se fait appeler Voyageur et lui propose de travailler pour lui. Ce que Ombre finira par accepter. Sauf que (eh oui, encore, sinon ça n'a toujours pas d'intérêt ^^), notre pauvre garçon va se retrouver embringué dans une guerre sans merci que se livrent anciens et nouveaux dieux pour régner sur les Etats-Unis.

J'ai adoré ce roman qui est bâti sur un postulat très intéressant. Dans la mesure où les dieux sont plus ou moins des créations humaines, ils finissent par exister et à gagner en puissance dès lors que l'on croit suffisamment en eux. Et ces dieux ne sont pas attachés à une seule terre car lorsque des émigrés arrivent aux Etats-Unis, ils emmènent avec eux leurs croyances. Leurs dieux finissent ainsi par exister dans de nouvelles contrées. Les Etats-Unis sont alors l'endroit rêvé puisqu'ils concentrent en un seul lieu différentes ethnies (Amérindiens, Noirs déportés d'Afrique de l'ouest pour servir d'esclaves, Irlandais, Slaves...). Malheureusement pour ces dieux arrivés en même temps que les premiers immigrants, ils finissent par se voir concurrencer par de nouvelles idoles : la télévision, la mégalopole, internet... Autant de petits nouveaux qui veulent avoir leur part du gâteau de la divinité. Enfin, d'avoir le gâteau pour eux tous seuls.

American Gods a mérité la flopée de récompenses qu'il a obtenu : il est bien écrit, haletant et considérablement documenté (sur l'histoire des Etats-Unis et celles des différents dieux exportés vers l'Amérique). Que du bonheur.

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Trois jours chez ma mère de François Weyergans

J'ai lu dans une interview que Weyergans se réjouissait d'avoir obtenu le Goncourt 2005 car ce prix lui permettrait de toucher un lectorat qui jusqu'alors, ne connaissait même pas son nom. J'avoue faire partie de ce lectorat et je confesse également que la lecture de Trois jours chez ma mère ne m'a pas donné envie de m'en souvenir.

L'histoire... ben c'est un mec qui veut aller passer trois jours chez sa mère mais qui reporte tout le temps. François Weyergraff est écrivain et depuis cinq ans, n'arrive pas à écrire. Résultat : il déprime et voit plus d'huissiers que d'amis. Quand sa mère l'appelle, c'est pour lui demander quand il daignera enfin descendre en Avignon la voir.

Ce petit résumé est relativement compréhensible. Lui. En effet, le récit part dans tous les sens, concentrant tous les clichés germanopratins (tromper allégrement sa femme avec des jeunes femmes, musarder dans de jolies librairies, voyager, se prendre la tête, étaler sa culture comme la rillette sur le Poilâne). A tel point d'ailleurs qu'à certains moments, on se demande si ce serait pas fait exprès, des fois. Le narrateur passe d'un sujet à l'autre, un peu comme un petit vieux en phase de sénilité avancée.

C'est d'autant plus dommage que j'ai trouvé les dernières pages vraiment bien écrites. Toutefois, ça ne rattrape pas la désastreuse impression que j'ai eue de l'auteur et de son livre : un machin bavard et pas franchement intéressant, du moins, de mon point de vue.

Les seuls avantages ? Je n'ai pas mis de sous dedans puisqu'on me l'a prêté (merci Marcelle) et j'ai appris ce qu'était un soucouriou (quoique... après recherche rapide sur le net, impossible d'en savoir plus sur la bestiole...). C'est un peu maigre comme bilan.

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Girlfriend dans le coma de Douglas Coupland

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Dans mon jeune temps, j'avais lu Génération X dès qu'il était sorti, en grande partie à cause du buzz insensé autour de ce bouquin (le grunge tout ça...), résultat des courses : chiant.

Je ne sais même pas pourquoi j"ai pris "Girlfriend dans le coma" vu que :
1. l'auteur ne m'avait pas laissé une grande impression,
2. Beurk, un fan des Smiths -_- (ils ont fait une chanson Girlfriend in a coma).

Ce qui m'a décidé, c'est simplement la mascotte de l'éditeur (Le Diable Vauvert), un diable en ombre chinoise dont on voit, comment dire ça de façon classe... le zizi et les coucougnettes (je sais, je suis pathétique mais ça m'a fait tellement rire sur le coup...)

Et j'ai vachement aimé, en fait.

L'histoire, c'est un mélange de Generation X pour le spleen (si vous êtes dépressif : ne lisez pas ce livre !) et Stephen King et son Fléau. L'on suit un groupe de six amis de dix-sept ans dont l'un des membres, Karen, va subir un coma de dix-sept ans car elle a vu des choses qu'elle ne devait pas voir. Des broutilles, la fin du monde. Les cinq autres, pendant ce temps-là, vont s'appliquer à vivoter, à défaut de vivre leur vie jusqu'à ce que Karen se réveille... et annonce la fin du monde pour noël 1997.

C'est dfficile d'en dire plus sous peine de déflorer l'intrigue et les rebondissements mais ce qui m'a le plus touchée, c'est le mal-être de chacun des personnages sauf Karen, dans une moindre mesure, qui de par son coma forcé, est bien plus lucide que "tous ces vieux complètement à la ramasse".

Il est disponible en poche chez 10/18 alors si vous respirez la joie de vivre et que la noirceur et le désespoir ne vous font pas peur (comprendre : vous n'êtes pas à deux doigts d'ouvrir le gaz), vous pouvez y aller.

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Biographie de la Faim d'Amélie Nothomb

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Moi j'aime bien Nothomb même s'il est de bon ton dans le cercle germanopratin de lui cracher à la gueule. Certes, on peut ne pas apprécier le personnage qu'elle s'est construit (la folle à chapeaux qui bouffe des fruits moisis). Certes, on peut trouver que des fois, elle ne se foule pas trop (je pense là tout de suite à "Antéchrista", repompe en Belgique de "Stupeur et Tremblements" au Japon) mais personne ne peut nier son érudition et son sens de l'autodérision. A ce propos, je trouve que ces meilleurs opus sont ceux où elle raconte sa vie et ça tombe bien, "Biographie de la Faim" en fait partie.

Comme dans Métaphysique des Tubes, l'auteure (oui, moi je féminise) nous raconte la vie d'une enfant de diplomate, condamnée à ne jamais pouvoir s'attacher véritablement à un pays. Quoique... l'on sent que Nothomb aime follement le Japon, certainement grâce à sa nounou Nishio-san bien que la maternelle nipponne n'ait pas été la plus grande expérience pédagogique de sa vie.

Petite fille précoce en admiration béate devant la beauté de sa soeur et de sa mère, censée être le clone de son père (ce qui rend l'intéressé très fier), Amélie souffre dans la classe militarisée des pissenlits au Japon, est cloîtrée dans le domicile diplomatique en Chine, boit du whisky en douce à même pas dix ans, s'amuse comme une folle à New-York, sombre au Bangladesh puis découvre enfin la Belgique, la terre de ses aïeux.

Comme à son habitude, c'est court et percutant et souvent très drôle (j'imagine la gamine de six ans qui sort son fantastiquement blasé "moi c'est Patrick" aux invités des cocktails quotidiens). C'est pour cela que lorsqu'on arrive à ce qui s'est passé au Bangladesh, on est d'autant plus surpris et choqué... et on espère - sans trop y croire toutefois - qu'il s'agit là de fiction.

Certains Nothomb sont moyens, d'autres très bons. "Biographie de la Faim" fait partie de cette dernière catégorie.

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A livre ouvert de William Boyd

Et moi qui croyait avoir été une adolescente particulièrement imbue d'elle-même et sûre de ses petits talents d'écriture... Après 1969 de Ryu Murakami (dont je vous parlerai un de ces quat'), je constate avec A livre ouvert que la prétention crasse est un défaut courant à l'âge ingrat. Désillusion...

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Pascal Brutal - La nouvelle virilité de Riad Sattouf

Laissons Pascal se présenter en quelques mots :

Je vis dans un futur proche. Je suis sans doute l'homme le plus viril du monde... A la main droite, je porte une gourmette en argent avec "Pascal" gravé dessus, et à mes pieds, des chaussettes blanches dans des baskets torsion 1992. Mon nom est Pascal Brutal et je voudrais être votre ami.

Ca donne envie, n'est-ce pas ?

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Soul Circus de George Pelecanos

Sous couvert de polar funky (l'auteur étale la discothèque de son héros avec délectation), ce roman en a plus dans le ventre et surtout dans le citron que sa couverture - mochissime - le laisse présager...

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Alice la Saucisse de Sophie Jabès

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Premier livre de l’auteure où l’on fait plus ample connaissance avec Alice, une jeune Romaine, jolie comme un cœur, taille-mannequin bref, qui n’a pas spécialement à se plaindre de son caryotype. Et elle le sait puisqu’elle prend un soin maniaque de sa petite personne tout en snobant les jeunes ou moins jeunes Italiens (qui sont désormais Les Ennemis, au même titre que les Allemands en 82, je le rappelle :p) qui la convoitent.

Alice continue à vivre sa petite vie tranquillou malgré une mère complètement immature voire totalement à l’ouest la plupart du temps et un père courant d’air. Et c’est lorsque ce dernier réapparaîtra que la vie de sa fille va basculer. « Avec ton physique… il va te falloir être gentille, très très gentille ». L’image d’Alice se fracasse, elle qui se croyait jolie apprend du seul homme dont l’avis compte et dont elle désespère d’être aimée (coucou Sigmund) qu’elle ne ressemble à rien. Dès lors, Alice va s’appliquer à être très gentille avec les hommes. Objectif fou aux conséquences folles et tragiques. Ce conte cruel est bien écrit et bien amené mais je l’ai détesté.

Alice est hors norme. Magnifiquement belle, elle entretient consciencieusement sa beauté. Et c’est avec autant de rigueur qu’elle s’avilira de toutes les façons possibles. Les canons modernes de la Femme imposent la minceur, la joliesse et un vieux reste conservateur veut qu’une dame ne couche pas avec n’importe qui et surtout pas avec plusieurs d’entre eux. Alice va s’appliquer à exploser dans les grandes largeurs ce carcan. L’ancienne bibliothécaire d’un couvent va grossir dans des proportions monstrueuses et se donner en échange de – ô horreur – nourriture.

Sa descente aux enfers, figure ô combien galvaudée mais pertinente est un supplice pour le lecteur. Cet étalage de bouffe, d’avilissement m’a tout bonnement écoeurée. Quant au fin mot de l’histoire, même si elle m’a malgré tout interloquée, j’ai vraiment été contente d’en avoir fini. C’est un peu comme tenir en apnée pour traverser un lieu particulièrement nauséabond : on est heureux de pouvoir – enfin – respirer.

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Caroline Assassine de Sophie Jabès

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J'ai découvert l'auteure grâce à une amie alors je m'en vais, à mon tour, répandre la bonne parole de Sophie Jabès.

Caroline a sept ans, adore lire, vénère les auteurs, entre dans un roman comme on entre en religion. Le seul souci c'est que dans sa famille, elle est bien la seule.

Le premier chapitre est assez lourdingue lorsque l'auteure nous détaille le sentiment limite mystique qui enveloppe Caroline puis surtout qu'il se clôt sur une phrase du genre "c'est pour ça qu'elle a décidé de tuer sa mère".

Puis la mater, on fait sa connaissance au chapitre deux. Et on comprend. Voire on approuve. Une mère sadique et brutale, complètement immature qui ne s'intéresse qu'à son amant et n'aspire qu'à s'amuser. Dans le petit deux-pièces, personne ne prend la défense de la fillette quand sa mère la massacre après avoir balancé "Les Misérables" dans les toilettes. Le grand-père sourd comme un pot qui fait hurler sa radio, sa soeur future mariée qui ne s'intéresse qu'à son fiancé et à son Babyliss et la grand-mère qui fait une crise d'hystérie puis, dès que la sonnette retentit : "vite, vite, rangez-tout, tout doit paraître normal".

Le père qui avait quitté le domicile est idéalisé. Là encore, c'est un rêve qui se fracasse. La sonnette, c'est un gendarme qui ramène le paternel, ivre mort, une vraie loque qui lorgne sa fille aînée. Une famille complètement dysfonctionnelle où la honte de leur judéité sert de ciment.

C'est un conte dans le sens où la fin est complètement invraisemblable mais on se laisse happer par l'univers de Caroline, on joue au détective en herbe pour savoir à quelle époque ça se passe (1969 si vous êtes flemmard ^^) et on referme ce petit livre - très vite lu à propos - avec un sentiment étrange. Contente d'en avoir fini mais on reste avec le coeur gros un bon moment.

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