Apocalypto de Mel Gibson
Le pitch : Le héros (je dis pas son nom au cas où vous ne connaitriez pas le
synopsis, ça vous fera une belle surprise à un certain moment) a des
joies simples : il chasse avec les autres hommes de son village, dépèce
des bêtes traquées pendant des heures dans la jungle et fait bouffer
des testicules de tapir à l'un de ses amis en lui faisant croire que ça
l'aidera à se reproduire. Des joies simples, disais-je.
Sauf que (y a toujours un "sauf que") des méchants viennent à
l'aube piller le village pour violer, massacrer et réduire en servitude
les hommes et femmes valides. Cachant in extremis son épouse enceinte
jusqu'aux yeux et leur fils, notre héros (qui n'est pas
particulièrement fûfûte mais court très vite, soit-dit en passant) va devoir faire face à
son destin.
Parce que c'est ça, Apocalypto, faire face à son destin en
recommençant. D'ailleurs c'est dit à des moments vachement importants
dans le film qu'il faut un nouveau départ et qu'il est vital de se
découvrir (origine du terme "apocalypse" en grec) pour affronter ses peurs. Eh ouais, le titre du film c'est son sens.
Plastiquement, c'est vraiment très beau, ce vert de la jungle luxuriante et ce
rouge du sang qui coule par hectolitres entiers. Parce que c'est un tantinet
sanglant sur les bords. C'a d'ailleurs été un gros reproche fait à
Gibson, cette fascination pour la violence brute.
S'il est vrai qu'à certains moments, on peut se dire que ce n'était pas
utile, dans l'ensemble je trouve que ça renforce le propos, à savoir :
l'homme est un jaguar (ha, ha) pour l'homme et que par ailleurs, s'il
peut le faire souffrir, ce sera deux fois plutôt qu'une. C'est pas le
pays des Bisounours mais une terre pour laquelle il faut se battre et
où il faut se battre afin de ne pas être réduit à néant.
Je n'ai jamais cru à la bonté intrinsèque de l'Homme qui aurait été corrompue par la civilisation (Jean-Jacques, si tu me lis...). Je crois au contraire qu'il est foncièrement mauvais, à des degrés divers et que la civilisation peut servir de révélateur à sa vilénie. Dans ce film, la première réponse à l'atrocité c'est la peur, la fuite puis l'instinct de chasse reprend le dessus. Des réactions primaires, peu élaborées. Des éclairs de bonté, de tendresse pour son prochain zèbrent le film mais c'est loin d'être le message principal du film, bien au contraire. L'homme est fait de pulsions et les rares choses qu'il réussit à construire laissent la place à sa nature profonde dès qu'une merde lui tombe dessus. Nature 1 - Culture 0.
Malgré ce message peu optimiste et pour causer surtout du film : En un mot comme en cent, c'était bien.
Par mapo, Lundi 21 Mai 2007 à 23:37 GMT+2 dans A voir... ou pas (article, RSS)






