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In the clothes named fat par Moyocco Anno


Editeur : Kana

Prix : 12.50 €

One-Shot (un seul volume quoi)
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Moyoco Anno est la créatrice de Happy Mania, manga narrant les déboires de Shigeta, jeune célibataire complètement larguée ayant tendance à coucher à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un loser ou un salaud. Si ce josei (catégorie de shôjo s'adressant aux jeunes femmes) maniait un humour débridé et ravageur, pour In the clothes named fat, vous oubliez.

Nous faisons connaissance de Noko. Elle est timide, effacée et grosse. Son emploi de bureau relève plus du calvaire qu'autre chose dans la mesure où elle s'y fait constamment humilier, soit de façon franche par son chef ou ses collègues masculins, soit de manière plus pernicieuse par ses "copines" de bureau.

Mais Noko, elle s'en fout. Elle a son chéri qu'elle connaît depuis le lycée et qui l'aime comme elle est. Qu'il dit. Parce qu'il a quand même une sale tendance à se taper la salope en chef du bureau de Noko et ne reste avec cette dernière que car elle conforte son ego tremblotant.

Si notre "héroïne" mangeait pour se caparaçonner dans le fameux habit de graisse du titre, elle décide de maigrir car il est évident que mince, tous ses problèmes s'envoleront. Elle sera enfin jolie et élégante, elle saura répondre aux hyènes du boulot. Et surtout elle gardera son homme. Son absence d'estime de soi et de force de caractère n’est absolument pas remise en question. Bien au contraire puisqu'en découvrant la trahison, elle se traîne aux pieds du fautif pour qu'il reste.

Anno décrit la descente, toujours plus bas, d'une femme qui n'a pas les bonnes cartes pour se débrouiller dans la vie et la manière dont peu à peu, elle s'autodétruit pour tenter de renaître. Tout en s'enfonçant encore un peu plus et sans être pour autant heureuse. Le récit est incroyablement âpre et ne laisse aucun répit au lecteur. A vrai dire, on tourne la dernière page avec le coeur gros, en espérant que toute cette histoire n'est qu'un mauvais rêve. Et l'on se demande si au final, on a de la peine ou l'on ressent du dégoût de Noko tant elle est l'artisan de son propre malheur.

Clinique, brut voire cru (ne laissez pas traîner le volume entre les mains de votre petite nièce), In the clothes named fat est un manga qui prend aux tripes. Littéralement.

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