Le labyrinthe de Pan
Si vous aviez passé une bonne journée et si vous désirez vous plomber le moral jusqu'au bout de la nuit, voici un petit conseil de tatie mapo : allez donc voir Le Labyrinthe de Pan.
Réalisé par Guillermo del Toro, le cinéaste mexicain à qui l'on doit déjà (et entre autres) L'Echine du Diable ou Hellboy, ce film est selon les mots de son créateur, "un conte de fées pour adultes". Le "pour adultes" est important, à moins que vous ne souhaitiez traumatiser durablement le petit cousin. Parce que oui, il y a de la magie et des fées (drôles de gueule quand même, les fées) mais il y a surtout de la noirceur et du sordide. Tant et si bien qu'au final, on ne voit que ça.
Ofélia a douze ans, ce qui n'est pas exactement l'âge idéal quand on grandit dans l'Espagne franquiste de 1944. Sa mère, enceinte jusqu'aux dents, rejoint son nouveau mari le monstrueux capitaine Vidal (Sergi Lopez, parfait dans le rôle de l'ordure que l'on adore haïr) en emmenant sa fille dans une bâtisse perdue entre montagne et forêt. Le seul avantage, c'est qu'il y a un labyrinthe derrière la maison qui est le territoire d'un faune. Celui-ci apprend à notre petite héroïne qu'elle est la fille d'un grand roi et que si elle veut pouvoir régner, elle doit accomplir trois épreuves avant la prochaine pleine lune. De plus en plus difficiles et dangereuses, sinon c'est pas drôle.
De la magie disais-je et surtout du drame. Plus Ofélia avance, plus elle souffre et le monde magique auquel elle a accès ne lui est d'aucun secours. Parce qu'il est tout aussi noir et dangereux finalement.
Plastiquement, c'est très joli, le choix des couleurs (et plus spécifiquement les tons de vert dédiés à Ofélia) est judicieux. Mais encore une fois, ne vous attendez pas à sortir de la salle avec une pêche d'enfer. Ce ne sera pas le cas.
Par mapo, Dimanche 12 Novembre 2006 à 10:49 GMT+2 dans A voir... ou pas (article, RSS)






