Petite sociologie des transports parisiens au petit matin
Il y a quelques jours, j'ai effectué le combo métro-RER un jour de semaine à six heures du matin.
C'est dingue comme le profil des passagers change d'une heure à l'autre.
D'habitude, je me transbahute sur mon lieu de torture (ben vi "travail" vient de "trepalium" = instrument de torture. C'était notre instant culture générale) aux alentours de 7h30-8h30. Le royaume des cadres moyens et cadres sup', des employés de bureau. C'est pomponné, ça sent souvent le parfum plus ou moins agréable pour les narines délicates, ça lit Libé pour les étudiants et le Figaro pour les messieurs très importants qui voteront Sarko en 2007.
Ben à six heures mes enfants, c'est pas du tout la même ambiance. C'est pas que je ne le savais pas, je ne vis pas dans une bulle (ha, ha) mais c'est frappant. D'abord : y a personne, pas besoin de se battre pour avoir une place. De plus, ce sont des gens très simples. Ca se voit aux vêtements, à la couleur de la peau, aux lectures, quand il y en a (Paris Turf et France Soir). C'est le monde des ouvriers, des petites mains, des dames qui vont ou reviennent nettoyer des immeubles entiers de bureaux, des vigiles qui ont veillé toute la nuit. Le métro est aux mains de ces gens épuisés qui dorment, la tête collée à une vitre sale, qui peinent à se lever quand la station où l'on doit descendre est arrivée.
Aux aurores, les petites gens. Le début de matinée appartiennent aux hautes sphères du salariat. Et pourtant, on trime tous autant et on souvent jamais assez d'argent pour tenter d'adoucir la grisaille de la vie.
Par mapo, Mardi 31 Octobre 2006 à 21:00 GMT+2 dans Bavassages (article, RSS)






