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American Gods de Neil Gaiman

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Neil Gaiman est un ex-critique rock (il a commis une biographie de Duran Duran dans ses jeunes années ^^) anglais devenu scénariste de comics (Sandman pour ceux qui connaissent) puis écrivain et aujourd'hui expatrié à Minneapolis. J'avais lu son premier bouquin, qu'il avait co-écrit avec Terry Pratchett Good Omens - De bons présages qui m'avait bien plu malgré un plagiat éhonté d'une de mes nouvelles écrites à 16 balais Twisted Evil Bon, je leur pardonne d'autant plus que Gaiman est décidément un homme de goût : c'est lui qui s'est chargé de l'adaptation anglaise de Princesse Mononoke ^^

American Gods a raflé quantité de prix. Et c'est mérité.

Le pitch : Ombre sort de prison après trois longues années. Il est content : il va retrouver sa tendre épouse et son meilleur ami qui lui a promis qu'il retrouverait sa place dans sa salle de gym. Sauf que (ben oui, sinon il n'y aurait pas d'intérêt), Ombre est libéré trois jours avant la date prévue. Et pour cause, sa femme et son meilleur ami sont morts dans un accident de voiture. A vrai dire, et pour parler trivialement, Madame la tendre épouse avait le pénis de Monsieur le meilleur ami dans la bouche au moment du drame.

Forcément, ça mine. Ca mine et ça intrigue lorsque la personne assise à côté de lui sait parfaitement ce qui lui arrive. Le passager se fait appeler Voyageur et lui propose de travailler pour lui. Ce que Ombre finira par accepter. Sauf que (eh oui, encore, sinon ça n'a toujours pas d'intérêt ^^), notre pauvre garçon va se retrouver embringué dans une guerre sans merci que se livrent anciens et nouveaux dieux pour régner sur les Etats-Unis.

J'ai adoré ce roman qui est bâti sur un postulat très intéressant. Dans la mesure où les dieux sont plus ou moins des créations humaines, ils finissent par exister et à gagner en puissance dès lors que l'on croit suffisamment en eux. Et ces dieux ne sont pas attachés à une seule terre car lorsque des émigrés arrivent aux Etats-Unis, ils emmènent avec eux leurs croyances. Leurs dieux finissent ainsi par exister dans de nouvelles contrées. Les Etats-Unis sont alors l'endroit rêvé puisqu'ils concentrent en un seul lieu différentes ethnies (Amérindiens, Noirs déportés d'Afrique de l'ouest pour servir d'esclaves, Irlandais, Slaves...). Malheureusement pour ces dieux arrivés en même temps que les premiers immigrants, ils finissent par se voir concurrencer par de nouvelles idoles : la télévision, la mégalopole, internet... Autant de petits nouveaux qui veulent avoir leur part du gâteau de la divinité. Enfin, d'avoir le gâteau pour eux tous seuls.

American Gods a mérité la flopée de récompenses qu'il a obtenu : il est bien écrit, haletant et considérablement documenté (sur l'histoire des Etats-Unis et celles des différents dieux exportés vers l'Amérique). Que du bonheur.

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