Biographie de la Faim d'Amélie Nothomb
Moi j'aime bien Nothomb même s'il est de bon ton dans le cercle germanopratin de lui cracher à la gueule. Certes, on peut ne pas apprécier le personnage qu'elle s'est construit (la folle à chapeaux qui bouffe des fruits moisis). Certes, on peut trouver que des fois, elle ne se foule pas trop (je pense là tout de suite à "Antéchrista", repompe en Belgique de "Stupeur et Tremblements" au Japon) mais personne ne peut nier son érudition et son sens de l'autodérision. A ce propos, je trouve que ces meilleurs opus sont ceux où elle raconte sa vie et ça tombe bien, "Biographie de la Faim" en fait partie.
Comme dans Métaphysique des Tubes, l'auteure (oui, moi je féminise) nous raconte la vie d'une enfant de diplomate, condamnée à ne jamais pouvoir s'attacher véritablement à un pays. Quoique... l'on sent que Nothomb aime follement le Japon, certainement grâce à sa nounou Nishio-san bien que la maternelle nipponne n'ait pas été la plus grande expérience pédagogique de sa vie.
Petite fille précoce en admiration béate devant la beauté de sa soeur et de sa mère, censée être le clone de son père (ce qui rend l'intéressé très fier), Amélie souffre dans la classe militarisée des pissenlits au Japon, est cloîtrée dans le domicile diplomatique en Chine, boit du whisky en douce à même pas dix ans, s'amuse comme une folle à New-York, sombre au Bangladesh puis découvre enfin la Belgique, la terre de ses aïeux.Comme à son habitude, c'est court et percutant et souvent très drôle (j'imagine la gamine de six ans qui sort son fantastiquement blasé "moi c'est Patrick" aux invités des cocktails quotidiens). C'est pour cela que lorsqu'on arrive à ce qui s'est passé au Bangladesh, on est d'autant plus surpris et choqué... et on espère - sans trop y croire toutefois - qu'il s'agit là de fiction.
Certains Nothomb sont moyens, d'autres très bons. "Biographie de la Faim" fait partie de cette dernière catégorie.
Par mapo, Vendredi 18 Aout 2006 à 22:40 GMT+2 dans A lire... ou pas (article, RSS)






