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Pas rock n' roll moi ?! Ah ben non, en fait...

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En principe, j’aime bien Technikart. Même si c’est souvent trop branchouille pour moi. Oui parce que bon, les soirées au Baron, les gens qui passent leur vie à délirer-dans-la-night-tu-vois, ça ne m’intéresse pas des masses. Pourtant, c’est le magazine qui m’a donné mon idée de mémoire de maîtrise (« la répression pénale des sectes » si vous voulez tout savoir) et qui m’offre chaque mois un large panorama de ce qu’on appelle péjorativement la sous-culture.

Alors quand j’ai vu le numéro de juillet-août avec un dossier « elles sexent (sic), elles droguent, elles rock n’rollent – pourquoi les filles sont de plus en plus wild », je me suis naïvement dit que ça pouvait être intéressant.

Ben en fait : non.

Le dossier part du constat que la rock n’roll attitude est devenue mainstream, qu’elle s’est banalisée. Preuve en est les t-shirts du Clash ou des Ramones vendus moins de 20 € au H&M du coin ou encore Kate Moss dans sa période Pete Doherty, devenue encore plus hype depuis qu’elle a été flashée par un portable, poudrée comme une gaufre. La réputation sulfureuse qui entourait les rockeuses s'est réduite comme peau de chagrin puisque les médias grand public se sont emparés de la chose. Mesdames, je peux d'ores et déjà vous offrir un scoop : Glamour va nous pondre un dossier mode pour septembre sur les codes du rock. J'en frémis d'impatience.

Cette banalisation serait due à un besoin de se libérer (c’était un peu le but de cette musique de sauvages à la base, rappelons-le) de normes sociétales plus ou moins étouffantes et d'une violence prégnante. Ce qui n'est pas un mal, loin de là. Le souci, c'est que le panel dressé par Technikart donne carrément pas envie.

Ca doit être l’âge mais plus j’entends (ou lis, en l’espèce) des jeunes dindes baver sur les féministes, plus je suis exaspérée par leur connerie crasse. Et leur mémoire courte. Car sans le mouvement de la fin des années 60-début 70, elles ne pourraient pas, par exemple, avoir la vie sexuelle qu’elles souhaitent. Même si on ne trouve toujours pas « la pilule dans les monoprix », on a la chance de pouvoir faire du sexe quand on veut sans se soucier du côté reproduction de la chose. Et depuis la loi Veil, les charcutages à l’aiguille à tricoter ne sont plus qu’un mauvais souvenir. Je passe sur l’indépendance financière grâce au travail. Je passe sur le fait que beaucoup de choses qui nous semblent aller de soi sont très récentes (le droit d’avoir un compte-chèque sans l’autorisation de son mari, la co-direction de la famille, le droit de ne pas se faire virer parce qu’on est enceinte…) parce que sinon, on y est encore demain.

L’âge, disais-je car je crois qu’avant j’étais plus tolérante. Mais enfin, lire des saillies telles que « historiquement, je crois que je dois plus à Cléopâtre qu’aux féministes soixante-huitardes. Les femmes n’ont pas attendu les années 70 pour avoir des couilles – LZA artiste » ou encore « Nous ne voulons pas une révolution féministe mais plus d’attention de la part des fans mâles – Terry Poison » ou encore ma préférée : « Le kiff, c’est de pisser debout en boîte : t’arrives au bar en jupe et sans culotte et tu vises bien les bottines de ta voisine – Princesse Ewok », il y a de quoi être un tantinet énervée.

Si j’ai bien compris, être rock n’roll en 2006, c’est raconter n’importe quoi et se tenir n’importe comment.

J’ai toujours préféré les nénettes un peu frappées aux filles sages comme des images. Toujours eu plus de sympathie pour les Marie-couche-toi-là que pour les Marie-Chantal. L’inclinaison pour les contraires peut-être. Cependant, être rock n’roll, pour moi, ce n’est pas partir en vrille sur des considérations sociales et spirituelles à deux balles tout en rotant à la gueule du journaliste. Etre rock n’roll, c’est être une grande fille qui s’assume sur tous les plans et qui envoie bouler l'opportun sans demander à l'aide (tout n’est pas perdu : cela a traversé l’esprit d’une des cover-girls de Technikart), qui n’a pas besoin d’un homme comme béquille affective ou financière (quoique… c’est quand même pratique – et agréable – d’en avoir un sous la main !) mais qui cède sa place dans la bus à la vieille dame tremblotante sur sa canne. Etre quelqu’un de bien pour soi et avec les autres, ça c’est la classe ! Et avec de la musique de sauvages dans le zen micro (parce que ipod, c'est pas rock n'roll !).

Et vous, c’est quoi votre définition de la wock n’woll attitioude ?

Vos commentaires

1 Le Jeudi 27 Juillet 2006 à 13:29 GMT+2, par Miss-Tagada

Etre d'jeun et rock n' roll c'est renvoyer l'image la plus trash de notre personnalité, de nos jours. Et oui parce que tu vois la fille rock n'roll à l'aise dans ses pompes, déjantée à souhait mais qui laisse sa place à l'octogénaire du coin dans un bus, c'est has been.
Non non maintenant la rock n' roll attitude serait de pousser la vieille hors du bus en lui faisant un doigt d'honneur.
Enfin je crois, je ne suis pas experte en la matière "soyons trashos et ne respectons rien car nous ne valons rien".

Mais j'ai bon espoir de me dire que ce n'est qu'une mode. Que le scandale ca fait supra vendre, mais que dans trois ans, ce sera has been de clamer qu'on pisse dans les bottes de son voisin debout comme un homme.

Enfin pour moi la rock n' roll attitude c'est d'être clean, tout en ayant des convictions qu'on défend, et en ayant ce brin de douce folie rêveuse et semi destructice. En fait pour moi la rock n' roll attitude pour mieux la définir serait d'être "chic et choc" (mais pas trash). Voila !

2 Le Vendredi 4 Aout 2006 à 13:50 GMT+2, par Ikaph

Joli article.
J'ai lu le dossier de Technikart aussi.
J'ai des conclusions un peu similaires aux tiennes.
Par contre, si je suis d'accord avec toi sur le rôle des féministes d'il y a maintenant près d'un demi-siècle (sachant bien-sîur qu'elles existaient déjà depuis un bail- suffragettes, toussa), je m'autorise une digression.
On comprend que ces rockin' girls aient besoin de cracher sur les féministes. Mais SI elles envoient leurs fluides bucaux sur les féministes des 60/70's elles se trompent peut-être de cibles, c'est celles d'aujourd'hui, à mon sens, qu'il faut shooter. Le combat d'une époque n'est pas celui de la suivante.

En ce qui concerne la mode Wack'n'roll, elle va vite retomber (comme la vague keupon d'il y a pas si longtemps), en fait dès qu'Arctic Monkeys ou Dirty Pretty Things seront en manque d'inspiration.
Son soubressaut, son chant du Cygne même, ça sera probablement la mort de Pete (à 27 ans, normal).

Voila voila.

3 Le Vendredi 4 Aout 2006 à 14:56 GMT+2, par mapo

Bonjour Ikaph. Pourrais-tu préciser ta pensée sur les féministes d'aujourd'hui qui meriteraient qu'on les bouscule un tantinet ? Bon, en même temps, je sais même pas si tu repasseras :/

4 Le Vendredi 4 Aout 2006 à 19:02 GMT+2, par Ikaph

Les féministes d'aujourd'hui, les chiennes de gardes en tête, ne cherchent plus l'égalité, enfin plutôt la complémentarité (Un très bon bouquin d'E Badinter là-dessus: L'Un et l'Autre) avec les hommes (l'égalité c'est pas cool, c'est pas possible et inadapté, c'est mieux d'être équitable). C'est ce combat militant (Girl Powa toussa) qui me semble déplacé. Ni putes ni soumises d'accord, mais lorsque je vois Isabelle A. ouvrir son bec pour des pseudo discriminations et faire une blague bien offensante en direction de la gente masculine juste après, j'ai envie de me pendre. Nombre de féministes sont des machos à clito.
Bref, c'est pas les seules, mais elles font parler d'elles plus que les autres.

Elles m'énervent, tout simplement. C'est ça en fait.

Autre exemple, la chargé de communication de Ségo, qui lui dit de répondre "Nan mais vous dîtes ça parce que je suis une femme" quand elle est en difficulté (oula, euphémisme), on a envie de dire que ça décrédibilise tout un...truc.


J'ai la haine en repensant à tout ça, ce qu'on pourrait donc apparenter à de colère, ainsi je me rends compte que je ne peux pas être totalement objectif.

Voila, désol'

(J'ai gardé le lien, quand j'écris c'est toujours dans l'espoir d'une réponse, j'suis pas très bouteille à la mer ;)

5 Le Vendredi 4 Aout 2006 à 19:59 GMT+2, par mapo

J'étais sûre que tu allais me sortir Alonso mais elle est tellement crispante que c'est normal de ne pas la supporter ! L'égalité pure et dure prônée par les folles furieuses des années 70 (celles qui faisaient du "lesbianisme politique" et récitaient comme un mantra "tu seras un homme ma fille", bref du grand n'importe quoi) est clairement outrée et irréaliste. Le concept de complémentarité me parle plus et me paraît plus lucide bien que je ne me sente pas insultée comme on me "traite" de féministe. Alonso est caricaturale et les Chiennes de garde (j'aime pourtant le nom qui dénote d'un certain humour) se préoccupent surtout des classes moyennes et CSP + mais NPNS n'est pas non plus blanc-bleu. J'en veux pour preuve la connivence avec le PS qui rappelle fortement SOS racisme dans les années 80, l'histoire avec Samira Bellil et les problèmes d'identité de leur présidente. C'est d'autant plus dommage que leur boulot est salutaire. M'enfin, quant à Doherty, il est tellement cliché que ça me fait mal au coeur. Quand j'avais 15 ans, c'était le genre de conneries qui me faisaient rêver. Deux fois plus âgée, je préfère mille fois mourir dans mon lit, le plus tard possible !

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