Alice la Saucisse de Sophie Jabès
Premier livre de l’auteure où l’on fait plus ample connaissance avec Alice, une jeune Romaine, jolie comme un cœur, taille-mannequin bref, qui n’a pas spécialement à se plaindre de son caryotype. Et elle le sait puisqu’elle prend un soin maniaque de sa petite personne tout en snobant les jeunes ou moins jeunes Italiens (qui sont désormais Les Ennemis, au même titre que les Allemands en 82, je le rappelle :p) qui la convoitent.
Alice continue à vivre sa petite vie tranquillou malgré une mère complètement immature voire totalement à l’ouest la plupart du temps et un père courant d’air. Et c’est lorsque ce dernier réapparaîtra que la vie de sa fille va basculer. « Avec ton physique… il va te falloir être gentille, très très gentille ». L’image d’Alice se fracasse, elle qui se croyait jolie apprend du seul homme dont l’avis compte et dont elle désespère d’être aimée (coucou Sigmund) qu’elle ne ressemble à rien. Dès lors, Alice va s’appliquer à être très gentille avec les hommes. Objectif fou aux conséquences folles et tragiques. Ce conte cruel est bien écrit et bien amené mais je l’ai détesté.
Alice est hors norme. Magnifiquement belle, elle entretient consciencieusement sa beauté. Et c’est avec autant de rigueur qu’elle s’avilira de toutes les façons possibles. Les canons modernes de la Femme imposent la minceur, la joliesse et un vieux reste conservateur veut qu’une dame ne couche pas avec n’importe qui et surtout pas avec plusieurs d’entre eux. Alice va s’appliquer à exploser dans les grandes largeurs ce carcan. L’ancienne bibliothécaire d’un couvent va grossir dans des proportions monstrueuses et se donner en échange de – ô horreur – nourriture.
Sa descente aux enfers, figure ô combien galvaudée mais pertinente est un supplice pour le lecteur. Cet étalage de bouffe, d’avilissement m’a tout bonnement écoeurée. Quant au fin mot de l’histoire, même si elle m’a malgré tout interloquée, j’ai vraiment été contente d’en avoir fini. C’est un peu comme tenir en apnée pour traverser un lieu particulièrement nauséabond : on est heureux de pouvoir – enfin – respirer.
Par mapo, Mardi 18 Juillet 2006 à 21:33 GMT+2 dans A lire... ou pas (article, RSS)






