Caroline Assassine de Sophie Jabès
J'ai découvert l'auteure grâce à une amie alors je m'en vais, à mon tour, répandre la bonne parole de Sophie Jabès.
Caroline a sept ans, adore lire, vénère les auteurs, entre dans un roman comme on entre en religion. Le seul souci c'est que dans sa famille, elle est bien la seule.
Le premier chapitre est assez lourdingue lorsque l'auteure nous détaille le sentiment limite mystique qui enveloppe Caroline puis surtout qu'il se clôt sur une phrase du genre "c'est pour ça qu'elle a décidé de tuer sa mère".
Puis la mater, on fait sa connaissance au chapitre deux. Et on comprend. Voire on approuve. Une mère sadique et brutale, complètement immature qui ne s'intéresse qu'à son amant et n'aspire qu'à s'amuser. Dans le petit deux-pièces, personne ne prend la défense de la fillette quand sa mère la massacre après avoir balancé "Les Misérables" dans les toilettes. Le grand-père sourd comme un pot qui fait hurler sa radio, sa soeur future mariée qui ne s'intéresse qu'à son fiancé et à son Babyliss et la grand-mère qui fait une crise d'hystérie puis, dès que la sonnette retentit : "vite, vite, rangez-tout, tout doit paraître normal".
Le père qui avait quitté le domicile est idéalisé. Là encore, c'est un rêve qui se fracasse. La sonnette, c'est un gendarme qui ramène le paternel, ivre mort, une vraie loque qui lorgne sa fille aînée. Une famille complètement dysfonctionnelle où la honte de leur judéité sert de ciment.
C'est un conte dans le sens où la fin est complètement invraisemblable mais on se laisse happer par l'univers de Caroline, on joue au détective en herbe pour savoir à quelle époque ça se passe (1969 si vous êtes flemmard ^^) et on referme ce petit livre - très vite lu à propos - avec un sentiment étrange. Contente d'en avoir fini mais on reste avec le coeur gros un bon moment.
Par mapo, Lundi 3 Juillet 2006 à 12:36 GMT+2 dans A lire... ou pas (article, RSS)






